Stellantis reprend des couleurs, mais sa convalescence s’annonce longue

Dans l’édito de la newsletter Watt Else du 29 octobre 2026, le constructeur Stellantis apparaît en voie de rétablissement, mais sa convalescence paraît encore longue. Les résultats du troisième trimestre, présentés le 28 octobre, montrent des signes d’amélioration, tandis que la situation européenne reste fragile.

Stellantis reprend des couleurs, mais sa convalescence s’annonce longue


Le groupe a connu un réveil difficile. Fin 2024, un choc financier a précipité le départ de Carlos Tavares, laissant derrière lui des difficultés managériales et une remise à plat industrielle douloureuse. Deux ans plus tard, le nouveau patron, Antonio Filosa, veut rassurer les marchés en affirmant que le traitement commence à produire des effets.

Des volumes en hausse, une marge en recul

En Europe, les livraisons progressent de 10 % et les ventes de voitures électriques bondissent de 65 %. Stellantis met en avant le succès de ses modèles issus de la plateforme « Smart Car », au premier rang desquels la Citroën ë-C3. L’édito relève toutefois que les comptes européens restent dans le rouge, avec une marge opérationnelle ajustée qui plonge à -2,2 %, contre +1,2 % un an plus tôt. Les rabais consentis pour écouler la production pèsent sur ces résultats.

Selon l’édito, la réalité est moins favorable que les chiffres de ventes ne le laissent paraître. Les lancements sont repoussés, les bugs logiciels se répètent sur plusieurs véhicules, et la perception de qualité de ces modèles économiques se dégrade. Le texte souligne ainsi un paradoxe : le groupe profite de la vogue de l’électrique abordable, mais son niveau de finition et de maturité technologique le pénalise lourdement.

Un calendrier de lancements jugé léthargique

Le point le plus préoccupant, selon l’édito, concerne le calendrier des lancements européens, qui ne correspond pas à la reprise espérée pour un groupe qui compte 14 marques. Au Mondial de Paris, Stellantis a présenté une série de concepts remarqués, mais l’enthousiasme retombé, la question reste celle de leur présence concrète dans les concessions.

Pour améliorer la rentabilité et les volumes, Antonio Filosa compte sur la future plateforme STLA One et sur la généralisation des batteries LFP, une chimie dont la démocratisation massive est attendue à l’horizon 2027-2028. D’ici là, le lancement de la Lancia Gamma ne suffira pas, selon l’édito, à relancer les ventes. Le futur Fiat Grizzly, cousin des Citroën ë-C3 Aircross et Opel Frontera, pourrait attirer des curieux, sans changer la situation à court terme.

Leapmotor, un soutien à double tranchant

Pour donner le change, Stellantis s’appuie sur Leapmotor, dont il distribue les modèles chinois en Europe. En les intégrant à ses statistiques, le groupe affiche une croissance électrique de 93 %, contre 65 % sans eux. L’édito juge ce soutien précieux, mais se demande si une dépendance trop forte à cette marque ne risque pas d’affaiblir la compétitivité des marques historiques du groupe. Il rappelle cependant que Leapmotor peut aussi élargir l’offre électrique de Stellantis et attirer de nouveaux clients.

L’auteur refuse de considérer le groupe comme condamné. Il estime que l’étincelle créative vue à Paris montre que l’ADN et la passion des marques n’ont pas disparu. Pour une rémission complète, il faudra, selon lui, que les usines tournent à plein régime, que les batteries suivent la cadence et que Stellantis retrouve la recette des voitures bien conçues qui ont fait la réputation de ses marques.


Jean-Laurent Denis
 

Jean-Laurent Denis a publié 88 articles sur mon scooter électrique 🛵 depuis 2025.